Ballade Forestière...
Plus connue pour ses photographies de mode régulièrement publiées dans des revues telles que Dazed&Confused, Self-Service, Crash ou Nikkei, Cécile Bortoletti nous invite ici à revisiter la forêt, élément qui revient si régulièrement dans son travail. Mais, cette fois-ci, sans fard ni mise en scène, au risque de nous faire basculer dans un autre monde...Prise de nuit « brut de flash », sans repère ni éclairage préparés, la forêt devient ici « boite noire », miroir de la camera obscura où s’enregistre l’image photographique. Et, aussi, voie d’accès vers le monde paradoxal de l’inconscient et de l’immatériel. Ces images, si étranges, ouvrent un espace en creux, quasiment abstrait, et deviennent la chambre d’écho de nos pensées les plus obscures.Ce n’est donc pas un hasard si ces images ont été exposées à l’Unesco, à Paris, en juillet 2009, à l’occasion du colloque scientifique L’univers invisible, où l’élite de la recherche astronomique internationale venait partager ses connaissances sur les matières noires, et l’énergie noire. De même que l’image photographique est souvent qualifiée de « trou noir », c’est-à-dire d’univers d’une autre réalité dans lequel le temps s’arrête, d’autres concepts scientifiques sont utilisés de manière imagée dans le monde artistique (voir page suivante).
Cécile Bortoletti par Raphaële Bidault-Waddington