L'Oeuvre Retrouvé

Par Jean-Marc Avrilla   Toutes les œuvres semblent bien présentes dans les deux salles que le cneai1 consacre à cette expo de groupe, “L’Exposition Continue (écho)”. Pourtant rien ne paraît normal ! Qualifier une exposition d’art contemporain de normal est mal à propos ; caractère anormal semble plus adéquat. Non pas au regard d’une normalité qui n’a pas beaucoup de sens dans le domaine de recherche artistique qu’est l’art contemporain ; ni au regard d’un phénomène qui, en le précisant, prendrait des contours paranormaux. Les murs supportent bien un ensemble important de tableaux, de toiles sur châssis si l’on veut être précis. Les formats sont tous différents, des carrés, des rectangles allongés, des rectangles dressés, des triangles, peut-être des toiles rondes ? Pas tout à fait ronde, mais bien une œuvre oblongue aux extrémités arrondies, telle une planche de skate. Divergence numéraireSeize artistes invités2, deux couleurs seulement : un seul blanc et un seul noir, tous deux mats. La première salle aux trois murs noirs ; deux murs noirs et deux murs blancs ainsi qu’une cimaise centrale blanche pour la seconde salle. La couleur des toiles est identique au mur qui les porte. Étrange situation car ces seize artistes n’ont certainement pas en commun de produire les mêmes œuvres.Comment Olivier Mosset, connu entre autres pour ses cercles noirs sur fond blanc, peut-il arriver à créer un tableau similaire à Noël Dolla, plutôt porté, lui, sur la couleur sous des formes diverses jusqu’à en faire des paysages abstraits ? Comment comparer Robert Barry qui peint à la main des mots sur une toile de même teinte que son fond – jouant ainsi sur la disparition du mot en peinture –, à Christian Robert-Tissot qui, dans une certaine tradition suisse de la Gute Form, n’hésite jamais sur la lisibilité des mots titres qu’il emploie ? Si l’on ajoute Josh Smith, rien ne va plus, sauf la culture du nom. Le fil est peut-être là : dans les noms et les mots. Mais Stéphane Dafflon ou Philippe Decrauzat concluent une fin de non-recevoir avec leurs formes tirées du meilleur de la science-fiction cinématographique ou de l’art cinétique. Sans évoquer non plus les merveilleuses formes géométriques très concrètes d’Evi Vingerling face aux paysages empilés de Ditte Ejlerskov.Crime monochromatiqueLa lecture de cette liste n’explique pas pourquoi tous ces tableaux sont recouverts de peinture blanche ou noire. Un seul nom finalement surgit de cette énumération et de cette curieuse situation : Claude Rutault. L’homme des Définitions/méthodes est en fait l’auteur de ce dernier crime de monochromie. Il est le seul en mesure de proposer que l’on repeigne une toile ou un ensemble d’œuvres de la couleur du mur où elles sont accrochées. Si l’intuition était bien là au départ, la radicalité du geste surprend. Inquiétante étrangetéPourtant tout était déjà prémédité. Ainsi dans Définition/Méthode n°172 3, (ou d/m n°172) à la page 752 intitulée « Quarante-deuxième thème : brocante », il précise l’une des possibilités d’existence et de présentation d’une de ses œuvres, dans le cas d’un collectionneur X qu’il nomme « preneur en charge » :« un preneur en charge possédant dix tableaux de Picasso peut envisager de les présenter sous formes de pile, avec toutes les possibilités de les présenter que cela comporte. La proposition peut bien sûr se combiner avec la d/m collection 5 qui consiste à repeindre chaque année une œuvre de la collection de la même couleur que le mur sur lequel elle sera accrochée. » 3Au CNEAI, Claude Rutault a donc bien repeint l’ensemble des œuvres des artistes. Mais comment expliquer l’effet miroir qui double chaque tableau, soit dans l’angle le plus proche, soit sur le mur opposé comme par une immense glace qui couperait l’espace en deux, mais à travers lequel le visiteur pourrait passé ! Dan Graham serait-il venu jouer quelques tours ici ?Son nom ne figure pas sur la liste. Et à observer les œuvres dans leur dualité, de petites différences se laissent observer en surface. Difficile de se retrouver aussi, car tous les cartels – sur lesquels doivent d’ordinaire apparaître nom de l’artiste, titre de l’œuvre, matières, dimensions et collection en de petites toiles posées à côté de chaque œuvre – ont subi le même sort, c’est à dire qu’elles sont d’un blanc ou d’un noir monochrome. Il semble pourtant qu’une toile en forme de skate empâté pourrait­  être un Stéphane Dafflon. Sur la première toile, noire, apparaît clairement en surface des formes d’une sous-couche peinte à l’adhé
 
 
 
Preface Preface Preface Preface Preface
Editorial
(Almost) Still Life (Almost) Still Life (Almost) Still Life (Almost) Still Life (Almost) Still Life (Almost) Still Life
True Balls (FR)
L'angoisse (FR) L'angoisse (FR)
Lonely Sands Lonely Sands Lonely Sands Lonely Sands Lonely Sands
The Vanishing Judy The Vanishing Judy The Vanishing Judy The Vanishing Judy
10-22 au Parking (FR)
Editorial
Every Night I die... Every Night I die... Every Night I die... Every Night I die... Every Night I die... Every Night I die... Every Night I die...
Atsuro Tayama
Front Row Front Row Front Row
Miss Brooklyn Miss Brooklyn Miss Brooklyn Miss Brooklyn Miss Brooklyn Miss Brooklyn
Mr Peter Copping Mr Peter Copping
Elisabeth Short Elisabeth Short Elisabeth Short
On Constructivism
Tradition Contemporaine (FR)
Icônes Icônes Icônes
Editorial
The Art Work Recovered The Art Work Recovered The Art Work Recovered The Art Work Recovered
Téhéran Underground (FR) Téhéran Underground (FR) Téhéran Underground (FR) Téhéran Underground (FR)
Teronto  Fictional City Teronto  Fictional City Teronto  Fictional City
This and That This and That
Vanishing Architecture Vanishing Architecture Vanishing Architecture
Editorial
Un nageur... (FR) Un nageur... (FR)
Le Grand Bizarre Le Grand Bizarre Le Grand Bizarre Le Grand Bizarre
Vinyles Vinyles
The Death Valley The Death Valley The Death Valley
Retour à la Lumière (FR) Retour à la Lumière (FR)
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