Les tiroirs de l'histoire
Les tiroirs de l'histoire Cédric Libert de l'agence d'architecture bruxelloise Anorak, rencontre l'un de ses maîtres, Hans HolleinParis, 11h du matin,samedi 8 mai 2010.Au lendemain d’une journée d’étude sur l’enseignement d’architecture organisée par l’École Spéciale d’Architecture, et à laquelle il participait, un rendez-vous avec Hans Hollein,- figure mythique de la scène autrichienne depuis la fin des -années 50, fut fixé à son hôtel.Un fragment d’espace/temps pour évoquer de grands personnages, parler d’héritage architectural et aborder le moment présent d’un début de siècle prolifique. L’occasion aussi, par cette contribution, de -réfléchir à la forme que peut prendre le témoignage d’une rencontre, dans l’idée qu’on peut construire un récit complémentaire au texte proprement dit.Plus que la simple retranscription d’une interview, il était tentant de profiter de cet exercice d’écriture pour imaginer une forme spécifique en rapport avec le l'objet de l’échange. Dans la mesure où la discussion a porté autant sur la temporalité de l’acte architectural que sur des anectodes biographiques, l’idée d'une dialectique à la fois textuelle et iconographique a progressivement émergé à partir d'une série de trois dyptiques, composés d'images réalisées prises à différentes époques, par des architectes générationnellement éloignés et évoluant dans des contextes distincts.Ces images évoquent à la fois l’idée que des problématiques demeurent irrésolues, bien que traitées de façons différentes, autant que l'interêt du -déplacement de symboles indiciels.Renvoyant au sentiment d’une étrange familiarité par analogies visuelles ou par antithèses – d'un univers de croyance à un autre –, la proposition est ludique avant tout. Elle aborde la question architecturale avec la légereté et l'aplomb d’une certaine désinvolture. En abyme de la présentation de ces documents, mis en tension par leur confrontation en vis-à-vis, il ne s’agit, ni de réclamer- une filiation idéologique ni, au contraire, d'évaluer chaque génération ; il s’agit juste de réagir par une -sémiologie de l'image, et de constater par là -certains recoupements ou paradigmes malgré la distance temporelle autant que conceptuelle.Un héritage sans héritiers.